Fairy-TH-World Me revoilà !! Fairy-TH-World

C'est, bon je vais tout remettre en ligne, parce que ça me stresse de ne pas voir ma fic en ligne, et parce que j'ai peur que vous me lachiez si je vous prive de ça ...

Je vais en profiter pour rappeler quelques détails :

Vos commentaires : comme dorénavant je ne demande plus un certain nombre de commentaires pour mettre la suite, inutile de mettre +1, etc, parce qu'ils seront automatiquement supprimés.
Je suis toujours une anti-groupie convaincue, donc inutile de mettre des commentaires rageurs sur l'hypothétique petite amie de Bill à qui il faudrait aller casser la gueule, il y aurait plus de chance que j'attaque celles qui ont ces idées totalement connes que la petite copine en question.
Mes suites n'arriveront pas forcément avec régularité, et c'est pour cette raison que je ne vais pas tout reposter d'un seul coup d'un seul, et puis si vous redécouvrez ma fic qui sait ? Vous redécouvrirez peut-être des choses qui vous ont échappé ? xD
Ensuite, je suis désolée si je ne lis pas vos fictions, mais je ne passe pas mon temps derrière mon pc, et quand j'y suis j'ai d'autres priorités - ça n'a rien de méchant.

J'insiste encore une fois avec ça, mais mon forum n'attends que vous (Fairy-TH-World)

Je crois que tout est dit. Bonne lecture. Je vous aime.

est-ce-elle-th@live.fr
n'Stelle


Edit : je sais ce que j'avais oublié ! Je suis inscrite à cet annuaire, donc je vous invite à voter pour moi ! Merci. Je vous aime.

Edit : encore autre chose : pour prévenir, c'est par mail ou c'est pas du tout. Je suis désolée, ce n'est pas par mauvaise volonté, mais le temps me manque. Merci. Je vous aime.

Edit : Encore un peu de pub. Pour commencer, une fic que j'ai fait avec une amie, qui est en cours de publication, ici. Ensuite, la fic de Morgane, et la fic de Marion. Elles sont super toutes les deux, donc n'hésitez pas à y aller. Merci.


Un ange aussi a besoin qu'on veille sur lui ... Na' <3
Fairy-TH-World Me revoilà !! Fairy-TH-World

# Posté le dimanche 28 octobre 2007 07:14

Modifié le samedi 01 mars 2008 06:21

[ One-Shot ] Vomir cette célébrité [ One-Shot ]

___Je regarde mon reflet dans le miroir. Mes yeux soigneusement maquillés, comme chaque matin. L'eye liner, puis le crayon, toujours dans le même ordre, les mêmes gestes, plus de place pour l'hésitation, pour l'erreur. Jamais. Ces mots sont bannis de mon vocabulaire depuis longtemps, trop longtemps. Mes cheveux qui retombent sur mes épaules, parfaitement lissés, avec ces quelques mèches blondes par-ci par-là, qui attrapent la lumière, et éblouissent la foule. Ma peau sublimée par une épaisse couche de fond de teint, mes lèvres purpurines, mes dents trop blanches pour être belles. Peut-être qu'elles sont visibles même dans le noir, tient, il faudrait que j'essaie. Histoire d'être un peu plus ridicule encore. Histoire de combler le vide qui prend part de moi chaque jour un peu plus.

Je lèves les mains à hauteur de mon visage. Mes ongles, savament coupés, manucurés, vernis, sans le moindre éclat, sans le plus petit défaut, me rendent malade. Mes bagues, qui autrefois me paraissaient si uniques, si ... moi, n'inspirent en moi qu'une sourde lassitude. Je sais que si je contemplait le reste de mon corps, je verrais la même chose. Je ressentirais la même chose. Et ça me donne envie de vomir. Vomir ma célébrité, mes "fans", ma voix si belle et si émouvante. Vomir tout ce qui fait que j'étais si unique. Vomir ma vie, mon âme corrompue par la lumière des projecteurs braqués sur moi même quand je dors, même quand jepleurs de colère, de mal-être. Je voudrais vomir, vomir sur tous ces gens qui me regardent avec un sourire bienveillant, en espérant que l'émission va avoir du succès, et qu'accessoirement ils se fassent des couilles en or.

Quoi ? Mes propos sont indignes ? Je ne suis pas reconnaissant ? Mais de qui devrais-je être reconnaissant ? De quoi ? Ce que nous sommes devenus, là où nous sommes allés, nous ne le devons qu'à nous. C'est moi qui sait chanter, Tom qui joue de la gratte mieux que personne, et Gus qui tape sur sa batterie comme un malade, pendant que Georg, caché derrière ses cheveux, plaque quelques accords qui à chaque fois me donnent des frissons. Ce sont nos talent respectifs qui nous ont permis d'aller aussi loin. Pas les maisons de disque. Pas la télé. Pas les producteurs, managers, agent, attaché de presse et autres merdes du milieux.
e me regarde encore dans le miroir, et malgré le dégout que je m'inspire, je ne peux détacher le regard de ma silhouette, dont j'étais si fier. Quand Tokio Hotel a commencé à percer, et même avant d'ailleur, on me remarquait avant tout pour look. Aussi loin que remontent mes souvenirs, ça a toujours été comme ça. Je n'ai jamais aimé m'habiller comme tout le monde, ressembler à tout un chacun me répugnait. Aujourd'hui plus que jamais, maintenant que je sais ce que cela signifie, ce que cela inspire, ce que cela éveille au fond de soi.

Moi qui aimait tant les regards admirateurs, étonnés et trop souvent choqués, ne les supporte plus.

Les gens s'imaginent que j'aime voir toutes ces gamines si naïves, si optimistes, et ô combien amoureuses de moi ou de mon frère - d'ailleurs si elles étaient un minimum intelligentes, elles comprendraient qu'elles sont justes ridicules, miroir de la tendance humaines à suivre ce qu'on lui ordonne, ou du moins elles oublieraient Tom et s'interesseraient plus à Gustav, par exemple. Je disais donc, que les gens semblent s'être donnés le mot pour croire que j'aime voir ces fans, groupies et hystériques, peut importe comment on les appelle de toute façon, habillées, coiffées comme moi, assaisonnant à leur sauce MON style, MES gouts, MON imagination.

Je me rappelle de cette fille que j'ai rencontré à Paris, lorsque nous sommes allés faire la promotion de 1000 Hotels, notre dernier album. Nous étions dans le studio d'honneur de cette radio, NRJ je crois, et les animateurs avaient invité une dizaine de filles, toutes plus ravies les unes que les autres d'être présentes, brandissant leurs pass, leurs tee-shirt à mon effigie, et moi j'étais là, à les regarder comme je regarderai un ciel infini : sans le moindre interet, sans voir vraiment leur bonheur d'être ici. Sans comprendre que ces filles avaient dépasssé leur forfait d'une centaine d'euros juste pour nous voir, sans voir ce que cela représentait.

Donc les filles posaient leurs questions chacune leur tour, répétant encore et encore des questions qu'on nous avait déjà posé mille fois. Peut-être plus, même. A vrai dire, je n'avais pas remarqué cette fille, blottie tout au fond de la salle, cachée par les autres, mais tellement visible de par sa différence. Au bout d'un moment, un des animateurs, Jack je crois, a dit :

" - Il reste une jeune fille. Serait-elle impressionnée ?"

Je n'ai pas pu m'empêcher de häir ce ton. Bien sur que non, elle n'était pas impressionnée. Je ne sais pas comment je l'ai compris, mais ça m'a parut soudain évident que cette fille, contrairement aux autres, ne ressentait pas le besoin d'attirer notre attention.

Elle a levé la tête, et nos regards se sont croisés ; ses yeux étaient maquillés, comme les miens, et pour la première fois j'ai vu à quoi je ressemblais. Et pour la première fois j'ai vu quelqu'un à qui mon style allait bien, réellement, sans qu'on ait l'impression que c'était du vulgaire copiage. Cette fille était elle avant d'être fan de Tokio Hotel. Elle a esquissé un sourire, et son pierçing, au même emplacement que celui de Tom, a semblé me sourire aussi.

L'animateur, Jack, a continué dans sa moquerie ridicule, sans se rendre compte visiblement à quel point il était blessant, à quel point il était loin du compte avec cette fille. Bien sûr, je ne comprenais ce qu'il disait qu'avec le temps de décalage que nous imposait l'interprète, mais le son de sa voix disait déjà beaucoup.

Il lui a demandé comment elle s'appelait, et elle a penché la tête sur le côté. J'ai cru voir une pensée traverser ses yeux, et maintenant je sais ce qu'elle a songé à cet instant : à quoi cela servait-il qu'elle dise son nom, on l'aurait oubliée dans l'heure ?

Mais elle a répondut, de sa jolie voix énergique, pas tremblante du tout. Elle ressemblait à une reine au milieu de ses nobles faux-culs et enfarinés qui essayaient tant bien que mal de lui ressembler, de me ressembler.

" Marion. "

Je me souviens de ce nom. Je le prononce, le fait rouler sur mes lèvres, le caresse de ma langue, mais je sais que je pourrais faire toutes les vocalises du monde, chanter de toute les manières possibles, jamais je ne pourrais imiter cette voix, cette prononciation pure.

Elle a posé sa question, nous regardant chacun à tours de rôle. Tom m'a donné un coup de coude, et m'a adressé un regard gourmand, carnassier. Je lui ai souris, parce que mon regard devait ressembler au sien en cet instant. Pas pour les mêmes raisons, mais cela elle ne le savait pas.

Dans un allemant hésitant mais impecable, elle a énoncé sa question. L'interprète s'est crue obligée de traduire, mais Gustav lui a fait signe de se taire. J'ai eu l'impression d'être dans un monde où tout était plus léger, ou plus lourd, je ne sais pas. Quelle importance de toute façon ?

Avec les copains, nos regards se sont croisés, une nouvelle fois. On essayait de lire dans les yeux des autres la réponse à cette question qu'on aurait du craindre, et qui nous étouffait maintenant, parce qu'elle nous obligeait à ouvrir les yeux sur une réalité qui nous faisait mal, qui mettait à sac les heures qu'on avait sacrifié à notre musique, à notre art pour en arriver là.

De l'autre côté de la pièce, David m'a fait un signe vague. Abrège. Evite le sujet. En douceur. Mais fermement.

J'ai bredouillé quelques mots, mais elle n'écoutait déjà plus. Son regard s'était ancré dans le mien, j'avais l'impression de sentir ses doigts serrer mon coeur, et le remettre d'aplomb, ignorant la douleur que cela occasionnait.

Le reste de la soirée s'est passé dans un brouillard épais, mais je crois que cela, je le dois au mal de tête qui m'a assaillit les neurones dès qu'elle a laché mon regard. Tout ce que je sais, c'est qu'elle est partie avant les autres, sans prendre ni tee-shirt, ni cd dédicassé, sans même boire de cet immonde liquide qu'ils osaient appeler jus d'orange.

Après ça, on est rentrés à l'hotel, et c'est en prenant une cigarette dans mon sac que je l'ai vue, sa lettre. Mes mains ont commencé à trembler violemment, et j'ai tiré une taffe en espérant que cela me soulagerait, m'aiderait. Un rêve. Fébrilement, essayant de me persuader que tout allait bien, j'ai ouvert la feuille, qu'elle avait simplement plié en trois. Tout aussi simplement, au milieu de la page, était calligraphié quelques mots. Du français.

" Moi aussi je sais sourire, et tuer dans un sourire, crier "bravo" à ce qui me déchire le coeur, faire rouler sur mes joues des larmes de crocodile, et sauver les apparences.

On s'inquiète pour toi. Pour vous. Vos sourires sont pâles, vous n'êtes plus que l'ombre de vous même. N'abandonnez pas ces petites dindes qui ne vivent que par vous."


J'ai gardé le mot. Dans mon portefeuille, entre la photo de Tom et moi prêt à déballer nos cadeaux de Noël, et la photo de Tom et Andréas en train de bouder. Je sais que j'aurais sans doute du le montrer aux garçons, mais je l'ai gardé, précieusement, comme une relique, une preuve que c'est vraiment arrivé.

C'était il y a quoi, trois mois ? Peut-être trois et demi. Pas quatre. Notre album marche bien, cartonne même. Nous, on souris devant les caméras. En coulisse, c'est beaucoup plus morose, beaucoup moins brillant. Les paillettes tombent, nos masques se déchirent, et il ne restent plus que nous.

D'un coup de main agile, je remet une mèche de cheveux en place.

Depuis cette rencontre, je ne vois plus rien de la même façon. Et on a parlé, tous les quatres. Bien sur, il n'a jamais été question de Marion. Surtout pas. Mais les choses ont changé, petit à petit. Nous avons réussi à accepter un peu moins d'apparitions télévisées, et avons commencé à travailler un nouvel album, qui me ressemble plus, qui nous ressemble plus.

Je sais que rien n'est fait, il nous faut encore nous affranchir de cette emprise que la maison de disque à sur nous.

Je lisse mon tee-shirt, et prend ma respiration. Dans le salon, le reste du groupe et Andréas m'attendent pour fêter Noël. Je sais qu'ils ont prévu de m'offrir cette montre que j'ai vu il y a quelques semaines dans une boutique pommée à Paris. Un modèle unique.

Maintenant je sais : si les gens copient ce que je suis, ils ne le font qu'en apparence. Le style, l'extérieur, tout ça n'est que le complément de la personnalité, et ça, personne ne me la prendra, jamais.

J'ai rencontré mon ange gardien, fugacement, comme une étoile filante. Et comme une étoile filante éclaire le ciel, elle a éclairé ma vie et mon âme, et m'a aidé à voir plus clair dans ma vie.

C'est Noël, et dans quelques jours nous entrerons dans une nouvelle année. Et ce sera une très belle année. Comme les suivantes. Je ne laisserais plus jamais qui que ce soit guider ma vie, guider mon coeur.

C'est Noël, et ma vie prend un nouveau départ.


______________________________________________________Fin, le 25 Décembre 2007.

Edit : je vous remet ce OS parce que j'y tient énormément, et parce que je m'en veux un peu de vous laisser sans lecture. La séquelle arrive, ainsi que d'autres OS dont un inédit. Bonne lecture, je vous aime.

n'Stelle

# Posté le dimanche 28 octobre 2007 08:06

Modifié le mercredi 20 février 2008 12:55

[ One-Shot ]Séquelle : Vomir cette célébrité [ One-Shot ]

J'avais gagné ma place pour la venue des Tokio Hotel par hasard, sans trop y croire. J'avais été ravie d'avoir l'occasion de les rencontrer presque en tête à tête, moi qui les avais aimés dès leurs débuts.

D'un autre côté, j'étais un peu déçue par la façon dont ils tournaient, par la sur-commercialisation qui les caractérisait. On ne voyait qu'eux, partout, tout le temps. On entendait qu'eux, et pas toujours en bien. Et ce qu'on disait d'eux avait rarement un rapport avec leur musique : la prétendue homosexualité de Bill, les filles que pouvait se faire Tom, la soit disant démission du groupe par Gustav, toutes ces rumeurs qui inquiétaient
tellement ces filles impersonnelles qui s'étaient imprégnées de leur style. Du style de Bill.

Vous me direz, moi, je ne suis pas tellement différente d'elles, que je hais, que je ne respecte pas. Que je ne supporte pas. J'ai adopté un look analogue à celui de Bill, et ce pour des raisons complètement différentes. Quand je l'ai vu pour la première fois, avec ses cheveux bizarres et ses santiags, ses pantalons droits et ses tee-shirts délirants, j'ai eu une vraie révélation. Je me suis vue en lui, j'ai eu l'impression de voir ce à quoi j'étais faite pour ressembler, ce à quoi je DEVAIS ressembler. Petit à petit, j'ai changé, transformant à ma sauce ce que j'avais vu sur lui, et j'ai affronté le regard des gens sur moi, leurs moqueries sur quelque chose qu'ils ne connaissaient pas. Au début, j'étais la seule, et puis quand ils ont commencé à avoir du succès, je suis devenue une imitatrice parmi d'autres.

J'ai vécu avec le groupe, leurs trois albums ( sans compter celui en anglais ), leurs dvd de concert.

Et puis j'ai gagné ces places.

Quand je me suis retrouvée face à eux, toutes ces filles qui hurlaient et qui jacassaient comme des pies.

Je me suis sentie exposée, vulnérable face à ces filles prêtes à tout pour approcher les garçons. Moi qui les plaignait déjà, qui ne supportait déjà pas les groupies, j'ai ressenti une haine profonde envers elles, ou un dégout. Oui, dégout est le mot juste. Je les voyais, eux, si beaux dans leur timidité cachés sous leurs sourires canailles. Et je me demandais ce qu'ils pouvaient bien faire dans ce monde qui ne voyait en eux que paquet de billets verts, eux qui transpiraient tellement de cette joie de vivre qui me rendait si heureuse.

Ces derniers mois, ils avaient perdu de leur énergie, de leur rock, mais étaient toujours pour moi des étoiles dans le ciel orageux qu'était ma vie.

Ma vie sentimentale n'était pas à son meilleur point, mes amis me manquaient, orientations différentes obligent, mais quand j'écoutais leur musique je me sentais à ma place dans ce monde, comme si les paroles étaient faites pour moi, comme si ils ne pensaient qu'à moi quand ils chantaient. Je savais que c'était faux, mais ça me réconfortait, et je les aimais avant tout pour leur musique, pour ce qu'ils dégageaient.

Dans ce studio surchauffé, avec ces dindes sans intérêt qui pensaient qu'ils se souviendraient d'elles le lendemain matin. Assise sur ma pauvre chaise, derrière la barrière féminine qui me séparait du groupe, j'écoutais sans grande attention ces questions posées mille fois déjà et dont je connaissais les réponses. Je regardais, autour de mon poignet, la gourmette en argent que j'aimais tellement. « Tokio Hotel fur immer. » J'avais fait graver ces quelques mots dessus, et je m'étais promis que lorsque je j'aurais l'occasion de les rencontrer, je l'offrirais à Bill. Ou au groupe.

Malheureusement, je n'ai pas eu le temps ce soir là. J'étais tellement secouée que je suis partie comme une voleuse, et je m'en suis voulu ensuite, mais c'était fait.

Cette soirée restait un bon souvenir pour moi, mais je n'étais pas au bout de mes surprises.

*_~_~_*_~_~_*

Je me lève, écarte la couverture de secours de mes épaules, et me mets sur la pointe des pieds. J'essaie de voir par-dessus la tête des fans devant moi, mais je n'ai jamais été grande. Guillaume (pour ceux qui ne le savent pas, Guillaume est la traduction de Bill), derrière moi, m'enlace, et me donne par la même occasion un peu de sa chaleur. Il fait froid, malgré le fait que l'hiver touche à sa fin. Je crois que l'attente de deux jours devant cette immense salle de concert ne contribue pas à désensibiliser au froid.

Je regarde, à mon poignet, la gourmette en argent, qui n'a toujours pas quitté sa place. Je sais qu'elle y restera sans doute encore longtemps, mais je voudrais tenter ma chance de l'offrir à Bill ce soir. Parce que je crois en leur retour. Parce que je crois qu'ils sont capable de réussir la où ils avaient échoué il y a deux ans.

Deux ans que je les ais rencontré pour la première fois de ma vie à cette émission de radio. Deux ans qu'ils ne se sont pas montrés. Peu de temps après ce soir là, un peu après Noël, ils ont annoncé qu'ils prenaient une pause, d'une durée indéterminée, qu'ils quittaient leur maison de disque définitivement et la scène jusqu'à ce qu'ils retrouvent ce qui faisait d'eux les Bill, Tom, Georg et Gustav qui avaient interprété Durch Den Monsun avec talent. Ils voulaient retrouver leurs sources, et montrer qu'ils étaient capable d'être de nouveaux eux même après avoir connu le succès.

Il y a deux mois de cela, à la grande surprise de tous, un album tout noir et argenté a fait son apparition dans les bacs. Juste Tokio Hotel. Album éponyme, rock électrique et tellement dans la lignée de ce qu'ils sont, cocon de la voix de Bill. Tellement eux, tellement beau.

Quand j'ai écouté cet album pour la première fois, couchée sur mon lit, les yeux fermés, les mains le long du corps, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer. Ils avaient réussi. Trouvé un label indépendant, retrouvé leur univers et leur générosité.

Quelques jours après la sortie de l'album, ce dernier était déjà disque de diamant. Du jamais vu. Encore une semaine après, les places du concert auquel je vais assister ont été mises en vente. En une trentaine de minutes, toutes ont été vendues.

Je n'ai pas eu le temps d'acheter mes places. La déception a été immense, et j'en ai pleuré une fois de plus.

Une date unique pour cet album, en France, avant la tournée qui devait commencer six mois plus tard, autant dire que c'était LE concert ou tout le monde voulait aller.

Et puis, il y a une semaine, quand je suis rentrée de cours, avant que mes parents ne rentrent du travail, je suis allée chercher le courrier. Une seule enveloppe, orange, épaisse. Protégée à l'intérieur par du papier bulle. Mon nom noté dessus d'une écriture agréable, masculine.

Je suis rentrée, et une fois arrivée dans ma chambre, je l'ai ouverte. Deux billets sont tombés sur le sol, et pendant leur chute, j'ai eu le temps de lire « Tokio Hotel ». J'ai recommencé à pleurer.

*_~_~_*_~_~_*

Et maintenant, me voilà, debout devant les immenses portes du stade de France. Un concert au stade de France. C'est énormissime ! Derrière moi, mon chéri trépigne. Il n'a jamais vraiment aimé ce groupe. Mais ma meilleure amie est en Norvège en voyage scolaire, et choisir entre mes deux autres amies qui aiment le groupe était totalement impossible.

J'entends les filles autour de moi se demander si Bill et Tom sont toujours aussi beaux. Aucun mot sur Gustav ou Georg. Je crois que s'ils avaient quitté le groupe cela ne ferait aucune différence pour ces idiotes. Je pensais que l'absence et la discrétion des garçons les avait débarrassés de ces groupies gueulantes, mais visiblement non. D'un autre côté, peu importe. J'ai la certitude en moi que mon amour pour eux est légitime, juste, respectueux.

*_~_~_*_~_~_*


Nous sommes enfin entrés. Deuxième rang dans la fosse, juste là ou Tom va se placer. J'ai hâte. A un point, je crois que je n'avais jamais autant tremblé à l'idée de les voir, et d'entendre leur musique. Dans quelques minutes, les lumières vont s'éteindre, et ils feront leur entrée sur la scène. Les milliers de personnes présentes hurleront à s'en faire éclater les cordes vocales. Moi aussi, je hurlerais, ou peut-être pas.

*_~_~_*_~_~_*

Les lumières sont éteintes, et les filles se bousculent un peu plus. En d'autres circonstances je me plaindrais, mais cette euphorie me fait du bien. Je me sens compressée, écrasée, complètement en-compotée, mes pieds n'ont jamais autant souffert, mes cheveux s'agrippent à la fermeture éclair de la fille derrière moi, mais peu m'importe. Je me sens bien, à ma place. Guillaume se glisse derrière moi, et m'embrasse doucement dans le cou. Puis se recule. Il sait que ce moment m'appartient, qu'il ne doit pas interférer entre la musique et moi. C'est comme ça. Je déteste qu'on m'empêche d'écouter de la musique, qu'on se mette entre le rock et moi.

Tout à coup, les projecteurs sur scène s'activent, prennent vie, donnent vie à la salle. Des milliers de bras se lèvent, des dizaines de centaines de sourires se forment dans la même fraction de seconde. Si tout le monde pouvait être harmonie comme le sont les fans de Tokio Hotel pour leur groupe, je crois que cette terre serait un paradis.

Le décors est sobre, un tabouret est posé dans un coin, et à l'exception du matériel habituel – amplis, batterie, guitare, basse etc. – la scène est vide. Je n'ai pas le temps d'en voir plus que Tom surgit du côté, à quelques mètres de moi seulement. Deux, peut-être trois. Il a grandit, et ses vêtements, bien que toujours amples, le sont moins qu'avant. Ses dreads flottent librement sur ses épaules qui semblent plus charpentées qu'avant, et sans son éternelle casquette, il fait moins gamin. Peut-être que c'est du à ses joues, moins enfantines. Il prend sa guitarde, plaque quelques accords, et redresse la tête. Son sourire est immense, et de la où je suis, je vois ses yeux briller. Les larmes menacent de tomber, mais il ne fait pas un geste. Il est heureux, rien de plus.

Puis viennent Georg et Gustav, en même temps. Ils sont magnifiques. Tous les deux ont énormément grandis, surtout Gustav en fait, qui reste très large d'épaules, très blond, et dont le sourire, que tous savons très rare, est un vrai bol de bonheur pur. Torse nu, il s'avance sur le devant de la scène, et fait de grands signes. Il est beau, comme ça, ses cheveux ont poussé, un peu, juste ce qu'il faut pour lui donner cette maturité qui semblait lui manquer, qui le faisait paraître si fragile, si désireux qu'on prenne soin de lui. Je remarque un tatouage sur son biceps droit, mais à vrai dire je n'ai pas trop le temps de voir de quoi il s'agit, puisque c'est maintenant Georg qui s'avance. Il n'a pas vraiment changé, son style est toujours le même.

Toujours aussi massif. A un moment, il rit dans son micro, et ce son m'électrise. J'adore son rire, tellement spontané, tellement pur, encore une fois.

Et puis, vient le moment que tous attendaient. Bill apparait au fond de la scène. Il est grand, ses cheveux toujours aussi longs, mais uniquement noirs, lissés sous un bonnet noir. Son Tee-shirt The Icon, rouge, tout usé, lui va magnifiquement bien. Mieux que jamais. En dessous se dessinent ses muscles. Il n'a pas beaucoup grandit, lui, à l'exception des autres. Je vois une branche de l'étoile de son bas-ventre. Il sourit. Tout simplement. Et moi, comme une conne, je sens les larmes couler sur mes joues. Guillaume me tient la main, et moi je continue à pleurer. Je tourne la tête derrière moi, j'ai l'impression que les garçons peuvent me voir, qu'ils vont se moquer de ma stupidité. Les deux filles derrière moi pleurent, et je devine qu'elles ne sont pas les seules.

Bien, je ne suis pas la seule conne dans cette salle alors.
*_~_~_*_~_~_*

POV Bill.

Je rentre dans les coulisses. Tom me suit de près, et derrière viennent Georg et Gustav, qui est soutenu par Georg.

Je rentre dans notre loge, et claque la porte derrière moi. Je sais que Gus et Géo ne suivront pas, qu'ils préfèrent décompresser un peu avec le reste du staff.

J'ai retrouvé la scène. Enfin. Après deux ans d'absence, deux ans de travail acharné, j'ai enfin retrouvé mon oxygène, mon âme.

Je m'assois sur une chaise, raide, en bois, la moins confortable. J'ai besoin de redescendre sur terre, de me remettre de mes émotions. Il y a une rencontre de prévue dans quelques minutes avec les VIP, et même si elles ne seront qu'une dizaine, c'est toujours fatiguant ce genre de chose.

J'entends la porte s'ouvrir, et Tom entre. Je reconnais sa démarche, son souffle saccadé, comme après l'amour, son parfum tellement unique. Il tire une chaise à côté de moi, et s'y installe à l'envers.

- C'était magique, je murmure.
- Ca m'avait manqué.

Sa réponse est simple, brève, mais il est comme ça Tom : pas besoin de beaucoup de mots pour s'exprimer, contrairement à moi. Les grands discours, les phrases longues et compliquées, les rimes aussi, c'est mon truc à moi. Sans doute un des seuls qu'on ne partage pas.

Il a raison mon frère. C'était merveilleux. Cette sensation d'euphorie qui montait des fans, ce sentiment de joie liquide qui me brulait les veines, je ne m'en remets pas. J'ai l'impression que c'est la première fois. En fait C'EST la première fois que je prends autant mon pied, que je donne et reçoit autant du public. Et je sais que Gus et Géo ressentent la même chose.

J'ai une pensée pour David. Je ne sais pas ce qu'il devient, il a cessé de nous donner des nouvelles du jour où on lui a dit vouloir faire partie d'un label indépendant. Que rêver de mieux ? Faire notre propre musique, telle qu'on l'aime, sans avoir à restreindre la virulence des paroles ou la violence de la musique de peur de déplaire au marché. De ne pas faire de chiffre. Mein Gott, comme je hais ce mot!

Je me penche et pose ma tête sur l'épaule de mon frère. C'est seulement à son contact, si paisible, malgré le feu qui je sais brûle en lui, que je me prends compte de mes tremblements.

J'imagine la tête des journalistes ou des paparazzis s'ils nous voyaient dans cette position, forme humaine de l'amour et de la tendresse.

Il pose ses lèvres sur mon crâne et y dépose un baiser tout doux, comme quand on était gamins ou tout jeune adolescents, et qu'on pleurait ensemble au fond de mon lit de voir notre petite vie bien protégée, bien rangée, devenir cette pute de vie que nous avons pourtant tellement cherché à fuir.

Je crois qu'on a réussi. Ces deux années ont été magnifiques, et ont prit fin en beauté avec ce concert. Nous avons visité la France, les Etats-Unis, où nous avons chanté dans de petites salles dans lesquelles les spectateurs ne venaient que parce qu'il n'y avait rien au programme télé. Nous avons passé la plupart de notre temps sur la route, entre Hambourg ou Berlin et les îles du Pacifique et de l'océan Indien que nous aimons tellement.

Nous avons retrouvé notre musique, notre amitié aussi. Trouvé notre amour. Assumé ce que quelques mois auparavant nous aurions rejeté en bloc. Que j'aime Tom en tant que frère où en tant qu'homme de ma vie, quelle différence ? Je l'aime, et cet amour est inébranlable. Nous vivons, au jour le jour, et quand les gens sauront, rien ne changera. Quitter la scène n'est plus un problème maintenant. On l'a fait une fois. Rien ne nous empêche de recommencer.

Je pense souvent à cette fille. Marion. Tellement belle, tellement émouvante. Son regard, fouillant mon âme dans ses recoins les plus intimes, atteignant presque le pouvoir que Tom a sur moi. Je ne sais pas ce qui m'a pris, je lui ai envoyé deux places. VIP. Je n'ai pas réfléchi, mais j'ai envie qu'elle soit la. Il m'a semblé la voir dans le public, mais j'ai peur d'avoir mal vu, et je refuse d'avoir confondu une vague fan avec elle.

Tom pose sa main sur ma cuisse, et je relève la tête. Il me fait un grand sourire, et je me penche pour l'embrasser. Ca fait bizarre de dire ça hein ? Choqué ? Vous voulez savoir ? Ca va plus loin, tous les matins, tous les soirs, le jour, la nuit, partout, dans la chambre, la cuisine, le bus, la chambre, sauvagement, tendrement, passionnément. Moi au dessus, lui sur moi, dans toutes les positions, criant ou chuchotant le nom de l'autre, d'une voix trop rauque pour ne pas connoter autre chose qu'un amour purement fraternel ou qu'un désir vulgairement passager.

Son piercing caressant mes tatouages, là où étrangement la peau est restée plus sensible que de raison, le mien provoquant sa langue, sa fierté, sa virilité. Et je me fous que nos gémissements, nos cris, nos râles de plaisir réveillent l'étage, l'hôtel, le quartier même. S'ils réveillaient le monde entier, j'en serais heureux. Tous pourraient voir l'amour, le vrai, à l'½uvre, malgré l'étrangeté du choix pour les deux acteurs principaux. Tous sauraient qui nous sommes, tous auraient un sujet de conversation. Et même si au début on ne parlerait que d'inceste, je sais qu'avec le temps on ne mentionnera plus que l'amour sans limite qui unissait deux hommes.

- Il faut qu'on y aille, il murmure.
- Embrasse-moi encore.

J'exige, beaucoup, je sais. Mais il est ma vie, son sourire est mon rayon de soleil, et je suis en train de devenir complètement guimauve.

Je me lève et on sort tous les deux, main dans la main, comme à nos début, quand on était trop petits pour voir au dessus des têtes de ceux qui disaient vouloir nous protéger des risques du métier. Georg et Gustav nous regardent venir avec un demi-sourire. Ils savent depuis peu de temps, et il leur faudra sans doute un peu de temps pour avaler la nouvelle. Mais ils le feront, parce qu'ils nous aiment, parce que nous sommes amis, frères de c½ur.

Tous ensembles, nous entrons dans la salle réservée aux VIP. Je lâche la main de Tom, qui a le temps de tracer un petit c½ur dans la paume de ma main. Plus romantique que lui tu meures.

Inconsciemment, ou peut-être que si, je la cherche dans la pièce. J'attends ce moment depuis tellement longtemps, mon c½ur bas à une vitesse folle. Et là, mon regard croise le sien. Je m'approche, et je béni les fans d'être incapables de lire l'heure et d'arriver au bon moment à un rendez-vous.

Elle est au fond de cette salle, et à côté d'elle est assis un type. Il a l'air assez baraqué, le genre armoire à glace. Il la couve d'un regard amoureux, et je suis soudain heureux qu'une parfaite étrangère ait trouvé quelqu'un qui l'aime aussi fort.

Plus j'approche et plus son regard est brillant. Je sens le regard de Tom dans mon dos, mais je refuse de me retourner. Je la vois se lever, et sa main gauche farfouille à la recherche de quelque chose dans sa manche droite. Quand je suis tout prêt d'elle, je pose mes lèvres sur sa joue, et je sens son parfum enivrant. J'aurai pu tomber amoureux d'elle. Ou peut-être pas. On dirait un ange. On ne tombe pas amoureux d'un ange. Ca les salit.

Je vois enfin ce qu'elle tient dans la main. Une gourmette. Elle la pose dans ma main, et dépose à son tour un baiser sur ma joue. Son copain sourit, et sort l'enveloppe orange de sa poche. Cette enveloppe que je lui ai envoyée, il y a quelque chose dedans. Je la prends, mais je n'ose pas l'ouvrir tout de suite.

J'entends les autres fans arriver. Je me dépèche de retrouver Tom et les copains à l'autre bout de la pièce.
Me voilà dans la fosse aux lions. Allez Bill, prend ton courage à deux mains. Une fois de plus, je croise son regard, et elle me sourit. Je baisse les yeux sur la gourmette, et y lit l'inscription. Les larmes coulent sur mes joues. Tom s'approche et les essuie doucement, sans poser de questions. Merci. Je t'aime.

Je prends ma vie. Je suis heureux. Je me sens puissant, amoureux aussi. Avec Tom à mes côtés, Gus et Géo pour veiller sur nous, pour réclamer aussi de mon attention, Marion surveillant de loin ma vie, je sais que rien ne pourra plus jamais me détruire comme j'ai failli l'être il y a deux ans de cela.

Sans trop réfléchir, je me penche et embrasse Tom à la commissure de la lèvre. Je ne sais pas si elles ont vu, je m'en fou. Je sens le sourire de Marion, et du coin de l'½il je la vois sortir, main dans la main, avec son copain.

Mais ... et la photo ?

Edit : Et voici la suite. Je ne sais pas trop quoi dire, si ce n'est qu'un autre OS doit suivre. Bonne lecture. Bonne soirée. Je vous aime.

n'Stelle

# Posté le lundi 29 octobre 2007 07:02

Modifié le mercredi 20 février 2008 14:40

[ One-Shot ] Roses Blanches sur Granit noire [ One-Shot ]

Je regarde autour de moi, lève mon visage au ciel. Tout est gris, morne. Les nuages menacent de laisser couler des larmes trop longtemps retenues, et mes yeux ne valent pas beaucoup mieux.

Ici et là, quelques touches de couleur se détachent du gris du cimetière, du ciel. De mon humeur. Ces quelques fleurs trop colorées semblent indécentes dans un monde où les morts sont à l'honneur.

Mort. C'est précisément l'état dans lequel se trouve mon c½ur en ce moment même. Je sais que ce ne sera pas long, que la vie reprendra son cours normal bientôt. Quand il viendra, avec son bouquet de fleurs qu'il a oublié dans le van. Qu'il passera ses bras autour de moi, ou qu'il prendra simplement ma main.

Tu vois maman, on n'a pas changé. Je suis toujours Bill, incapable de faire mon petit déjeuner tout seul s'il est plus complexe qu'un bol de céréales, et Tom est toujours Tom, perpétuellement dans la lune.

Tu vois maman, j'ai pensé à toi, en ce 16 Juillet. J'ai repensé au jour où tu nous a laissés, il y a maintenant trois ans de cela. Je t'en ai tellement voulu.

A part d'une mère, je ne manque de rien. Je vis dans un autre monde, je m'accroche.

Je m'accroche tellement fort. A Tom. A Gus et Georg aussi. Bien sur. Ils sont formidables. Je sais que Gus était ton préféré.

Le temps est tellement gris. Diamétralement différent du jour de ton départ. Tu te souviens ? Il faisait tellement soleil, les oiseaux chantaient, et Tom et moi on avait prévu de partir à la mer quelques jours plus tard.

Tu sais, on est quand même partis. Pour ne revenir qu'il y a deux mois. Trois ans passés à parcourir l'Europe.

On a eut du mal, mais on a réussi. On est une valeur sur maintenant. Deux albums, et trois tournées à guichés fermés. Notre musique est plus profonde, et nos paroles toujours aussi fougueuses. Tu nous inspire tellement. On t'as même écrit une chanson.

Je te la chanterai un jour. Un jour.

Je sais ce que tu te demande. Tom. Et moi.

On s'aime. J'ai envie de hausser les épaules comme quand tu me grondais, avec un petit sourire au coin des lèvres, parce que tu nous aimais tellement. Tellement.

Ca non plus ça n'a pas été facile. Mais on nous a soutenus. Et aujourd'hui on s'aime. Rien ne sera jamais officiel, rien ne sera jamais légal entre lui et moi. Mais on s'en moque. L'amour vaincra, c'est ce que tu disais toujours.

Je sais que tu as souffert de cette situation. Retrouver tes deux fils dans le même lit, nus, dans une position équivoque n'a pas du être facile pour toi. Mais nous étions bêtes, vraiment. On pensait que tu ne voudrais que nous séparer, et c'eut été pour nous comme nous tenir le couteau sur la gorge. Pas de triche, pas de faux semblants : on s'aimait, et l'amour que l'un ressentait pour l'autre était amplifié, décuplé par notre lien de gémellaire.

C'est toujours le cas. Mais on a muris.

Les fans ne savent pas, mais les rumeurs les plus folles courent depuis quelques années. Qu'importe. Maintenant, on a mis suffisamment d'argent de côté pour vivre à l'aise pendant une cinquantaine d'années.

Ca suffira.

J'entends ses pas sur le gravier, et me retourne, en souriant légèrement. Il grimace, et accélère la cadence.

Arrivé à mon niveau, il passe ses doigts calleux sur mes joues et efface les quelques larmes qui coulaient. Je ne m'en étais même pas rendu compte.

Tu vois maman, je n'ai plus honte de pleurer. Pleurer pour mon amour, pleurer pour le vide que tu as laissé dans ma vie, pleurer de voir son regard au réveil, complètement abandonné et confiant en moi. Je pleure plus que de raison en fait. Et je me sens incroyablement homme.

Tom pose ses roses jaunes sur la tombe, et je laisse tomber les miennes sur le granit noir.

C'est étonnant cet arrangement de couleurs. On dirait le soleil caché derrière un bouquet de nuages.

Il passe un bras autour de moi, et me serre contre lui. Je plonge ma tête dans son cou un bref instant, histoire de me droguer à son parfum. Son parfum est ma coke, la douceur de sa peau est mon héroïne, son amour est ma cocaïne. Je me redresse et regarde une dernière fois la tombe de ma mère. Les larmes menacent de couler de nouveau, mais je m'en moque. Les joues de Tom sont déjà inondées de perles salées. Ses lèvres tremblent, et ses dreads n'ont jamais paru aussi rabougries.

Je murmure à son oreille qu'il serait temps qu'on y aille. De toute façon si on reste trop longtemps, des hordes de fans risquent de débarquer. Et je crois que je pourrais devenir méchant dans ce cas. Très méchant.

Au revoir Maman.

Je t'aime. Fort.

Ce soir, je vais faire une tarte au citron, comme celles que tu faisais pour notre anniversaire. C'était tout le temps Tom qui les mangeait, parce qu'il adorait ça et que moi j'adorais son sourire gourmand à la vue de ce dessert.

Ca n'a pas changé. On ne fait qu'un. Et tu ne fais plus qu'un avec nous. Tant que nous serons vivants, ton souvenir subsistera.

Je t'aime, tu sais. Si seulement je l'avais dit plus souvent quand tu étais encore là.


Edit : Et voici mon deuxième OS. J'espère qu'il vous plaira. Il y a une phrase dedans que j'aimerais que vous reconnaissiez. Une phrase de chanson. De Calogéro. J'en dirais pas plus. Ce serait donner la réponse. Plein de bisous. Je vous aime.

n'Stelle

# Posté le lundi 29 octobre 2007 09:30

Modifié le mercredi 20 février 2008 15:32

[ One-Shot ] Et si . . . [ One-Shot ]


Je me demande souvent comment aurait été la vie. Je me pose cette question, la retourne dans ma tête dans tous les sens. Et la réponse est toujours la même. Difficile à accepter, difficile à comprendre. Je suis bien content d'être celui que je suis, tout compte fait.

Je pensais que j'avais la vie qu'il me fallait. Qu'il ne pouvait en être autrement. Que j'étais fait pour ça, la célébrité, tous ces plaisirs que 99% des gens de mon âge ne connaitront jamais. J'avais conscience de ma chance. J'étais né sous une bonne étoile, et je partageais cette étoile avec mon frère jumeau.

Alors comment aurais été la vie si nous n'avions pas été stars du rock ?

Moi je le sais.

On n'aurait pas visité la moitié du monde, rencontré toutes ces personnes merveilleuses et tellement intéressées par les dollars que nous pouvons rapporter. On n'aurait jamais enregistré ces CDs qui nous ont propulsé au sommet de la gloire, nous on fait gravir les marches de la célébrité et de la reconnaissance du public.
Mais tous ces détails musicaux ne m'intéressent pas vraiment. C'est à ma vie sentimentale que je pense. A mes amis, mes amours. Mon amour.

Jamais Gustav, Georg, Tom et moi n'aurions eut besoin de prendre une année sabbatique pour nous ressourcer, nous retrouver. On se serait contentés d'aller boire un verre dans le bar du coin, et puis on aurait trinqué à notre prochaine copine, en espérant qu'elle sache faire des meilleures pipes que la précédente.

On aurait fini par s'éloigner, inévitablement, à cause des études, des familles, des responsabilités. Des fiançailles, des enfants, des femmes qui n'aiment pas notre petite ville paumée au milieu de centaines de kilomètres carrés de champs de blés ou de mais. Je déteste le mais.

On aurait fini par se marier avec la fille qui nous courait après depuis la sixième, et on lui aurait fait deux ou trois gosses, devoir conjugal oblige. On aurait perdu contact, sauf peut-être Tom et moi, parce qu'il aurait été l'oncle de mes gosses et moi celui des siens. On aurait choisi Gus et Georg comme parrains pour nos monstres, et eux auraient fait la même chose pour les leurs.

On se serait vu une fois tous les trois ou quatre ans, pour se raconter nos malheurs, la rareté des relations sexuelles avec nos femmes, l'ennui mortel de notre boulot, le regrès du groupe, dans le garage de Georg. On aurait passé des soirées entières à griller des clopes, à se rappeler mon look si peu commun, nos quatre cents coups.

Les gamins nous auraient vu complètements bourrés, les larmes coulant sur nos joues, pour tous ces moments que nous aurions pu passer ensemble, et pour cette vie que nous avions choisie, qui bien que peu passionnante, et même carrément emmerdante, serait tout de même bien confortable, sécurisante.


Mais ce n'est pas la réalité. Nous sommes un groupe de rock allemand, j'ai un look réellement peu commun, et nous ne nous sommes pas mariés.

Trop jeune. L'explication est la. Tom et moi n'avons que 19 ans, et Georg en a 21. Gustav 20.

Mais nous savons tous que cette vie bien rangée ne sera jamais pour nous.

Même si nous avons eu besoin de prendre une année sabbatique pour retrouver ceux que nous sommes réellement, perdus sous la couche de paillettes collantes et pesantes que nous imposent la célébrité, le show-business. C'est comme ça. On l'accepte. Pas de regrets. Jamais.

On est revenus, avec un nouvel album, tout en allemand, tout en douceur, tout en rock, tout en énergie. Tout en émotions et en révolution. Tout nous.
On est repartis sur les chapeaux de roues. Parce que nous nous sommes retrouvés, nous avons repêché cette amitié qui s'était effacée devant la merveilleuse brillance de la célébrité.

Et quand je regarde Tom allongé à mes côtés, ses dreads flottant librement sur les draps blancs de mon lit, dans lequel il m'a rejoint il y a quelques heures, quand le soleil se couchait à peine, promesse d'amour et de passion, je me dis que cette vie bien rangée n'était définitivement pas pour moi.

Mon amour à moi, il n'était pas en une femme que je ne connaissais pas. IL me connait mieux que personne, parce qu'il est moi et je suis lui. Il porte réellement un bout de mon c½ur, de mon âme au fond de lui, et la partie manquante de son c½ur, de son âme, est cachée en moi.

Il me connait mieux que personne, nous ne faisons qu'un. Pourquoi aller chercher ailleurs quand une personne vous connais si bien, sait vos joies et vos malheurs les plus secrets, les plus personnels ? Pourquoi ressentir le besoin d'aller voir ailleurs, essayer de chercher un ersatz à l'amour que nous portons en nous ?

Si il n'avait pas été mon frère jumeaux, peut-être que je ne l'aimerais pas autant. Peut-être.

Je ne sais pas. Je l'aime c'est tout ce que je sais. N'est-ce pas suffisant ? De savoir que je l'aime, qu'il m'aime, et les gens que nous aimons nous aime, malgré cette étrangeté qu'est notre amour ?

Je caresse doucement son dos nus et brillant de sueur. Il fait trop chaud dans cette chambre, les hôtels ne savent que trop rarement régler la climatisation. Alors ils ne la règlent pas du tout.

Je peux m'endormir tranquille ce soir. Je ne serais pas collé à lui, nos corps n'épouseront pas les formes de l'autre, mais ce n'est que partie remise : la chaleur ne nous séparera pas.

On verra ce que demain nous propose. On vivra, et on verra. Tous ensembles, nous sommes sur le bateau qui mène au pays des rêves. De nos rêves. Et son seul carburant est l'amour, l'amitié, le bonheur. Ca tombe plutôt bien, de tout ça, nous en avons à revendre.

Je me demande souvent comment aurait été la vie. Je me pose cette question, la retourne dans ma tête dans tous les sens. Et la réponse est toujours la même. Difficile à accepter, difficile à comprendre. Je suis bien content d'être celui que je suis, tout compte fait.

Edit : oui, encore un autre OS. Il y a en a encore un après celui-ci, et je remet ma fic en ligne. Ouf. Bonne lecture. Je vous aime.

n'Stelle

# Posté le lundi 29 octobre 2007 09:38

Modifié le jeudi 21 février 2008 08:04